STANDARD / L'entraîneur roumain a signé pour une saison
Laszlo Bölöni prend la relève de Preud'hommeETIENNE PAIROUX
lundi 09 juin 2008, 21:22
C'EST UN COACH roumain qui aura la charge d'emmener les Liégeois vers un 2e titre et vers la Ligue des champions.
Lazlo Bölöni. AFP
Le suspens a pris fin à Sclessin. Il était temps. Depuis quelques jours, la moindre rumeur transformait n'importe qui en entraîneur du Standard. Finalement, c'est le Roumain Laszlo Bölöni (53 ans) qui a enlevé la mise en signant, lundi après-midi, un contrat d'une saison pour diriger le Standard sur la route d'un renouvellement de son titre ou celle, plus périlleuse encore, menant aux groupes de la Ligue des champions.
« Après l'échec de la solution naturelle avec Michel Preud'homme, le Standard devait, depuis quinze jours, trouver un entraîneur de grand format, explique Pierre François, le directeur général de retour de vacances. Notre club n'a pas dérogé à ses pratiques en lui proposant un contrat d'une saison. C'est sa première expérience belge, mais j'espère qu'il va pouvoir permettre au club de poursuivre son travail de construction au niveau national et européen. »
Quinze jours, cela nous ramène au week-end où Michel Preud'homme devait donner sa réponse au Standard. Ce même week-end, le Rapid Bucarest attendait celle de Laszlö Boloni, candidat numéro un au poste d'entraîneur juste devant un certain... Michel Preud'homme. L'un et l'autre diront finalement non.
« Quand on est dans le football européen pendant 25 ans, dit Bölöni, c'est impossible de ne pas croiser Luciano D'Onofrio. Il y a une dizaine de jours, il m'a demandé si cela m'intéresserait de poser ma candidature (NDLR : une quinzaine de curriculum vitae seraient arrivés dans les bureaux du champion de Belgique). Et me voici. »
Avec quelques tâches immédiates, dont celle de la désignation d'un staff technique attendue cette semaine.
« D'abord, je dois déclarer mes impôts. Plus sérieusement, on doit renforcer notre collectif pour être plus fort. On doit aussi composer le staff technique. J'ai besoin d'un adjoint qui connaît le football belge, qui peut m'être utile sur le terrain et en dehors, et qui me rassure. Après je regarderai trois ou quatre bons et mauvais matchs de la saison dernière. »
Pour se faire une idée d'un noyau qu'il dit connaître sans être à même de citer des noms.
« Je sais que c'est une équipe jeune et je connais 70 % de l'effectif comme les deux arrières centraux que j'avais déjà vu en 2007, ou les latéraux brésiliens. Comme encore les médians ou attaquants talentueux. »
Un tour d'horizon qu'il a déjà entamé en discutant, pendant le match de la Roumanie dont il a été le sélectionneur, avec Guy Namurois le préparateur physique du Standard. Histoire peut-être de voir quels objectifs il peut se fixer, lui qui n'a pas encore regardé le nom des adversaires potentiels au troisième tour préliminaire de la Ligue des champions.
« Je fixe les objectifs par rapport à moi-même et c'est toujours le maximum. Je veux quotidiennement me regarder dans la glace et me demander si j'ai fait le maximum aujourd'hui. Cela dit, dites moi quel entraîneur n'a pas envie d'être champion, de remporter la coupe nationale ou de jouer la Ligue des champions ? »
Faire le maximum, mais avec quel style ? Bölöni va-t-il s'adapter au groupe ou celui-ci devra-t-il s'adapter à son entraîneur ?
« Quand on signe pour un an, on cherche l'efficacité pour tirer le maximum de son groupe. »
Un groupe qui va sans doute retrouver une manière de fonctionner bien différente de celle de Michel Preud'homme qui était près de ses hommes. En effet, Lazlo Bölöni a la réputation d'être un entraîneur exigeant avec ses joueurs. Cela passera-t-il ? La réponse tombera rapidement car le mois d'août, avec la Supercoupe, le tour préliminaire de la Ligue des champions et le début du championnat, sera déjà un bon révélateur de la méthode Bölöni. Un coach qui, à ce moment, devra faire oublier un Michel Preud'homme devenu un véritable monument pour les supporters du Standard. Et faire oublier le coach qui a ramené le titre après 25 ans de disette ne sera pas un mince défi pour l'entraîneur roumain